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12.04.2013

TUYAU DE POÊLE ....







Que faire d'autre que la même chose? 

Je vous vois venir, vous allez m'expliquer que le dernier quart du siècle a fait découvrir le sexe, comme la dernière fournée de pédagogues nous a éduqué la cervelle , le nouveau ministre enseigné les bienfaits de l'impôt, les marchands de soupes le vrai goût du poireau pomme de terre.
La tournante saisit les générations qui se font une beauté, un peu de vertige en somme, nécessaire aux élans du coeur et du corps... On n'en finit donc pas de saler la Terre et de crier sur tous les toits que les ânes d'hier avaient les oreilles différentes. Les justes se lèvent ainsi tous les matins que Dieu fait et les ordures de la journée sont étrangères aux épluchures d'hier.
Nous sommes peut-être plus idiots que les anciens qui croyaient à l'entropie et à l'âge d'or. Avaient-ils l'intuition que le plus difficile fut de casser les cailloux en deux pour en faire sortir des étincelles et qu'ensuite le hasard fit assez bien les choses car il y avait de la place ... Mais ils se gardèrent de faire descendre le Paradis sur Terre, trouvant la vie fragile et l'orgueil périssable. Les devins et les sages avaient compris que l'Homme ne valait pas son pesant d'or et que plus il se multipliait plus il devenait lourd, de bronze et de fer...
Certes, les machines nous allègent, puisque nos paroles foncent à la vitesse de la lumière et que nous volons à treize mille mètres. Mais les morts que nous avons en dessous parlent de leurs mésaventures et donnent des conseils.
Nous avons compris qu'il était au fond sans importance d'être le bourreau ou la victime, que les chairs duraient à peine et que les nourritures de l'esprit sont invisibles dans les carcasses. Nous produisons assez de déodorants pour supporter la putréfaction de quelques continents et des neuf-dixièmes de toutes les viandes... Qu'importent les linges blancs, les regards purs et les reflets de l'aube s'il reste quatre milliards de tours à faire autour du Soleil, c'est une course d'endurance sans vainqueurs ni vaincus, sans dieux ni publics, où survivre ne peut être qu'insupportable, comme l'eût été la victoire totale du Führer sur les trisomiques, les poètes et les sous-hommes... Alors que faire? Je me conseille d'éviter les solutions de rechange, d'en rester à l'Enfance, à l'Amour et à la Mort, comme jadis Cézanne conseillait aux maladroits de peindre leur tuyau de poêle... sans s'occuper des saisons.
 
 

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