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11.26.2013

CENTENAIRES ....






Nous avons inventé des distractions. La plus commune est de regarder vivre les autres à la terrasse d'un café ou sur une plage. Nous éprouvons de grands plaisirs à voir remuer des jambes, respirer des thorax, sourire des lèvres, s'allonger des râbles, plonger des têtes sous l'eau, lancer des boules ou donner des coups de pied dans des ballons. Ceux qui  profitent du soleil pour accompagner des yeux les enfants et les oiseaux des jardins, savent aussi que la misère noire est celle des chambres d'hôpital et des prisons... 
Il y avait à voir au Paradis...  Dieu qui avait planté l'arbre de la connaissance fut cruel d'interdire aux deux cervelles qu'il avait bricolées d'y cueillir un fruit pour le goûter... A voir  leur descendance, on se doute vite que ces deux créatures n'avaient pas de quoi rendre jaloux le Tout-Puissant... constamment occupées à des copulations, saisissements de corps. et affaires de digestions... Ce fut mesquin de les chasser, de les rendre mortelles, de les contraindre aux sueurs et aux disputes, de faire de quelques douces conséquences profusion d'enfantements douloureux... Les bras et les mains qui servent aux caresses condamnées à la pelle et à la pioche, les peaux si douces aux callosités et aux rides, les deux ou trois étincelles de raison aux études interminables et aux livres épuisants pour les yeux... 
Mais la plus calamiteuse des calamités c'est le peu de mémoire de ces créatures qui se racontent n'importe quoi sur le Paradis et se persuadent qu'elles peuvent le ramener sur Terre, ayant  imaginé qu'il existe un Dieu pour les ivrognes et convaincues d'autres fariboles à propos d'or, de fesses et de frottements. Des illuminés, des singes savants et quelques loups déguisés en agneaux  ont  entrepris d'enseigner le Bonheur aux innocents, comme certains professeurs, l'Art aux étudiants de la Sorbonne.  Nous sommes désormais sept milliards d'illuminés, de singes savants , d'imbéciles et de loups déguisés en agneaux. Sept fois plus qu'il y a cent ans et douze fois plus qu'à l'époque de César Auguste. Les merveilles du Monde ne sont pas plus nombreuses, par contre les centenaires abondent.
Mais puisque notre tour de force est de croire que, stupides et dangereux plus longtemps, nous aurons de meilleures espérances de vie et de meilleures chances d'être heureux, restons près des portes ouvertes, à regarder voler les mouches et passer les filles...



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